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Cosmologie Inuit

May 8th, 2008

En dépit des effets de la christianisation, la tradition liée au chamanisme (angakkuuniq en inuktitut) perdure, mais avec des ajustements. Si les Inuit sont aujourd’hui anglicans, catholiques ou pentecôtistes, beaucoup croient toujours au chamanisme : « nous croyons en ces deux systèmes » disent les aînés en Arctique canadien. 

Animaux et Humains

Autrefois, les animaux constituaient une source essentielle de nourriture, de combustible et de vêtements. Il n’est donc pas surprenant que la cosmologie inuit insiste sur la nature réciproque des relations entre humains et animaux. On disait que les animaux se livraient d’eux-mêmes aux chasseurs qui leur plaisaient…

Les animaux et les humains possèdent tous deux une entité spirituelle (tarniq), mais les animaux servent de nourriture aux hommes et n’ont pas de nom (atiq) : c’est ce qui les différencie. Seuls les chiens ont un statut particulier, puisqu’ils disposent d’un nom et partagent l’esprit (inua) de leur propriétaire.

 Silajjuaq, «l’Univers» 

Les sociétés inuit sont traditionnellement animistes, comme la plupart des cultures autochtones. Selon la pensée inuit, l’univers (silajjuaq) est occupé par les êtres vivants (humains, animaux, végétaux), les défunts et les esprits (tuurnngait) qui occupent chacun des mondes différents mais inter-pénétrants. Tout être vivant est pourvu d’un anirniq «respiration, souffle vital» qui, à la mort du sujet, intègre un nouveau corps, animal ou humain. La conception du monde inuit représente un continuum, où chaque élément fait partie d‘un tout.

Rachel Attituq Qitsualik, écrivaine inuit, explique : « Le cosmos inuit n’est régi par personne. Il n’y a pas de figures divines maternelles ou paternelles. Il n’y a pas de dieux vent ou des créateurs du Soleil. Il n’y a pas de punitions éternelles dans l’au-delà, tout comme il n’y a pas de punition pour les enfants ou adultes ici, aujourd’hui. »

Le chamanisme

Le chamane sert d’intermédiaire entre ces différents mondes et en maintient l’équilibre. Il peut être aidé par des esprits auxiliaires protecteurs - les tuurnngait - pour réaliser cette tâche ; ils lui procurent force et pouvoir. «Oui, bien sûr qu’il y a encore des chamanes. Il y en aura jusqu’à la fin des temps.» répondait un aîné interrogé par des jeunes au Nunavut Arctic College à Iqaluit. 

C’est lorsque le chamane voyage d’un monde à l’autre, entrant ainsi en communication avec le monde des défunts ou des esprits qu’il peut changer d’apparence et être à la fois humain et animal… Il s’agit alors de ce qu’on appelle la «transformation du chamane». Ce thème est fréquemment représenté dans l’art contemporain, en sculpture avec Tukiki Mannomee, Alasua Sharky comme en arts graphiques Simon Tookoomee et Noah Maniapik par exemples. 

http://www.tradition-orale.ca/francais/cosmologie-chamanisme-inuit-b24.html

 

Le Festival d’Arts Alianait ! à Iqaluit, Nunavut

May 1st, 2008

Du 21 juin au 1er juillet 2008, Iqaluit présentera le Festival d’Arts Alianait ! Organisé dans la capitale du Nunavut, cet évènement annuel  se consacre aux arts Inuit et consiste en dix jours et dix nuits d’art, de musique, de film, de récits, de cirque, de dance, de théâtre et davantage encore. 

En inuktitut (langue inuit), Alianait exprime la joie et la célébration et signifie « réjouis-toi !». Cet évènement fête effectivement le retour de l’été et du soleil de minuit (24 heures de lumière)… Le thème d’Alianait 2008 est les Jeux de Ficelles, une pratique inuit traditionnelle – ajarait en inuktitut. 

Le Festival d’Arts Alianait présentera des arts traditionnels ainsi que des artistes originaires de l’Arctique canadien et du monde circumpolaire, incluant de célèbres sculpteurs. Des ateliers seront organisés durant lesquels les artistes feront la démonstration de  leurs pratiques artistiques comme la sculpture de granite, d’andouillers de caribou ou d’ivoire, l’estampe, le dessin, la peinture… Ils pourront également exposer et vendre leurs œuvres.  

« L’objectif est d’exposer tant l’audience locale que les artistes locaux professionnels et les artistes émergents à une diversité de professionnels auprès desquels ils peuvent apprendre et s’enrichir professionnellement. Les organisateurs du Festival prévoient également d’aider le Nunavut à se présenter lui-même comme une destination touristique, tout en aidant le développement professionnel des artistes et interprètes d’Iqaluit et du Nunavut.» est-il mentionné sur le site web d’Alianiat. 

Le Festival sera présenté par le Nunavut Arts & Crafts Association, L’Association Francophones des Nunavut, Qaggiq Theatre Company, the Iqaluit Music Society, Ajjiit Nunavut Media Association, Part-Time Players, le Bureau du Commissaire aux langues du Nunavut et la Ville d’Iqaluit. Alianait 2008 est le 4e festival tenu à Iqaluit. 

Le Festival d’Arts Alianait s’amplifie chaque année, devenant ainsi plus diversifié et plus important. 

http://www.alianait.ca/   

 

L’Art Contemporain Inuit en Arctique Canadien

April 27th, 2008

Diversité artistique

La production artistique contemporaine inuit en Arctique est extrêmement riche et variée du point de vue des pratiques et techniques employées comme des styles individuels et régionaux.   

Chaque artiste travaille selon sa propre expérience individuelle et familiale qui inspire ses créations. Les sujets iconographiques, les styles et les modes de représentations qui en résultent déterminent la dynamique des productions artistiques. 

Domaines de création

La sculpture constitue environ 80% de la production d’art inuit. Elle est considérée comme la forme d’art majeure dans la plupart des communautés et celle avec laquelle l’art inuit est généralement associée.  

Le reste de la production correspond à d’autres domaines artistiques tels que l’estampe, le dessin ou la peinture. A ceux-là s’ajoutent également les productions artisanales comme la tapisserie, la poterie, la couture. 

La notion d’art

La notion d’«art» telle que définie par les Qallunaat (non Inuit) n’existe pas pour les Inuit car cette notion est bien trop abstraite ; le mot «art» n’existe donc pas en inuktitut (langue inuit). En effet, l’inuktitut est une langue extrêmement précise et chaque élément du mot ou de la phrase a une signification spécifique. 

Sanannguagaq désigne par exemple la sculpture. Mais sa signification correspond plus exactement à l’idée de « fabriquer quelque chose en miniature, à petite échelle ». La représentation qui en résulte est une réplique de la réalité de petite dimension. 

Marché de l’art inuit

Les créations artistiques inuit sont principalement destinées aux Qallunaat selon deux types de marchés : le marché international de l’art et le marché touristique, principalement nord américain et européen. 

Aujourd’hui, l’art contemporain inuit est présent à l’échelle internationale à travers, les galeries d’art, les musées et les collections privées. Les œuvres d’art contribuent ainsi à diffuser l’image d’une culture inuit ancrée dans ses traditions et résolument tournée vers l’avenir. 

 

Les Tupilait du Groenland

April 16th, 2008

Le Tupilaq (tupilait au pluriel) est aujourd’hui un fort symbole identitaire des Inuit du Groenland comme l’Inuksuk est celui des Inuit du Canada. Même s’ils sont tous deux diffusés à l’échelle internationale sur le marché de l’art et la sphère touristique, le Tupilaq comme l’Inuksuk  puisent leur origine dans un passé historique ancestral. 

En kalaalisut (langue inuit au Groenland), le mot « Tupilaq » signifie «esprit» ou «âme d’un ancêtre» et faisait initialement  référence a une force spirituelle néfaste. Autrefois, les Tupilait étaient en effet utilisés comme des outils de vengeance contre des ennemies.  

Chaque Tupilaq était secrètement créé par un chamane qui réunissait divers éléments humains et animaux (comme des os, des andouillers de caribou, de la peau ou des cheveux) pour confectionner une sorte de petite figurine d’apparence effrayante, à demi humaine et à demi animale.  

L’objet ainsi crée était ensuite célébré par un chant chamanique puissant, recevant alors l’esprit (ou les esprits) sollicicité(s) par le chamane. Alors qu’il devient vivant dans le monde des humains, le Tupilaq était ensuite placé dans l’eau ou dans le qajaq (kayak) de la victime pour lui permettre de réaliser sa tâche (tuer l’ennemie). 

Cela n’était toutefois pas sans risque puisque si la victime détenait des pouvoirs supérieurs à ceux de son assaillant (si la victime ne possède elle-même aucun pouvoir chamanique, elle peut être aidée par une autre personne qui en détient), elle pouvait repousser son attaque et la renvoyer le Tupilaq tuer son créateur. 

L’île de Kulusuk dans la région d’Ammassalik (Est du Groenland) est un endroit réputé où sont aujourd’hui créés les Tupilait. Ils sont actuellement faits en ivoire, en os de baleine ou en andouiller de caribou.  

Mais ne soyez pas effrayé ! Les Tupilait d’aujourd’hui sont inoffensifs ; ils exercent leurs pouvoirs seulement sur la créativité des artistes et l’imagination des collectionneurs d’art…  

 

L’Espace Culturel Inuit inaugure ses nouveaux locaux au Centre Culturel Canadien à Paris

April 10th, 2008

L’Espace Culturel Inuit a inauguré le 28 mars dernier sa nouvelle succursale parisienne au Centre Culturel Canadien (5 rue de Constantine, 75 007 Paris). « Un grand nombre de nos partenaires a souhaité célébrer cet évènement avec nous ! » constate avec enthousiasme l’une des responsables de L’Espace Culturel Inuit.  

Lisa Koperqualuk, collaboratrice Inuit originaire du Nunavik, était invitée à cette occasion, au cours de laquelle elle a proposée une conférence-débat en exposant brillamment l’importance du développement économique pour les Inuit, face à une centaine d’invités parmi lesquels des personnalités des milieux politique, culturel, artistique, scientifique et universitaire.   

Paul Okalik, Premier Ministre du Nunavut, a visité la nouvelle succursale peu de jours après son inauguration et s’est dit « ravi que L’Espace Culturel Inuit ait trouvé un nouveau toit ». 

L’Espace Culturel Inuit se définit comme un lieu d’exposition, d’information  et de documentation, ouvert au public et consacré à la promotion de la culture inuit en France et en Europe. Par exemple, L’Espace intervient présentement dans des collèges et lycées sur les notions de culture et d’identité à travers la découverte de la culture inuit et de celles des élèves dans le cadre du projet « Passeport découverte Année polaire ».  Il travaille également à l’évènement « Rendez-Vous Polaires - en Terres Inuit » organisé autour d’une exposition d’estampes inuit, prévue en juin 2008 (voir article du 26 mars).

Auparavant localisé dans le 19e arrondissement, L’Espace avait récemment dû fermer ses portes par manque de ressources financières. N’oublions pas que la création de L’espace résulte de l’initiative de l’Association Inuksuk, à but non lucratif.  Créée en 1995, elle compte aujourd’hui une centaine d’adhérents et est gérée par une quinzaine d’étudiants diplômés de langue et culture Inuit à l’INALCO.  

Les  compétences des intervenants de L’Espace Culturel Inuit s’appuient tant sur l’association de leurs formations universitaires pluridisciplinaires et internationales que sur leurs expériences récentes en territoires inuit. Mais la dynamique de leurs actions résulte surtout de la volonté de  partager leur passion commune pour la culture inuit et l’Arctique. 

N’hésitez pas à visiter L’Espace Culturel Inuit de Paris, les locaux ou le site Internet selon où vous êtes ; l’accueil y est des plus chaleureux !

En tant que membre active de l’association Inuksuk, je vous invite à nous rendre visite : Tungasigitsi ! Soyez les bienvenus !  

Allez-y voir (ouvert du mardi au vendredi : 14h-18h) :

Espace Culturel Inuit, au Centre Culturel Canadien

5 rue de Constantine

75 007 Paris, France.

Métro Invalides

www.espace.inuit.free.fr

 

Kenojuak Ashevak à Nouveau Honorée

April 2nd, 2008

Kenojuak Ashevak, artiste renommée de Kinngait (Cape Dorset) au Nunavut a reçu à Ottawa vendredi 28 mars Le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. Distinctions canadiennes les plus prestigieuses dans ces domaines, ces prix ont été institués en 1999 par le gouverneur général du Canada et par le Conseil des Arts du Canada.

« Je ne fais qu’extraire ces choses de ma tête et de mon imagination, et… j’essaie de ne pas les montrer telles qu’elles sont dans le monde matériel… Il s’agit davantage d’une interaction entre la forme et la couleur. » explique Kenojuak au sujet de son art.

Elle est probablement la plus connue et la plus acclamée de tous les artistes inuit qui ont émergé dans le Nord durant la seconde moitié du siècle dernier. Son histoire est aussi remarquable que celle de la communauté de Kinngait, avec ses graveurs et ses sculpteurs. Beaucoup de dessins, estampes et sculptures de Kenojuak Ashevak sont devenus d’importants symboles ancrés dans la conscience collective.

Présentes depuis environ 50 ans, ses formes dynamiques, ses couleurs vives et ses créatures fantastiques reflètent une vision unique et une relation particulière au territoire. Née en 1927 à Ikerrasak, un campement au sud de l’île de Baffin, elle a vécu le mode de vie nomade traditionnel avant de s’installer à Kinngait.

Sa vie a été présentée dans un film de l’ONF Eskimo Artist —Kenojuak,  et ses représentations graphiques ont illustré des timbres de Postes Canada. Récipiendaire de deux doctorats honoris causa,  Kenojuak Ashevak est Compagnon de l’Ordre du Canada et membre de l’Académie Royale des arts du Canada. Ses sculptures, dessins et gravures font partie des collections les plus importantes du Canada ainsi que de celles de musées à l’étranger tels que le Metropolitan Museum of Art de New York.

Le Musée des beaux-arts du Canada, en collaboration avec le Conseil des arts du Canada, présente une exposition consacrée aux huit lauréats des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2008 : Kenojuak Ashevak, Serge Giguère, Chantal Gilbert, Michel Goulet, Alex Janvier, Tanya Mars, Eric Metcalfe et Shirley Thomson. Représentant les moyens d’expression – dessin, photographie, installation, peinture, estampe, sculpture, arts décoratifs et cinéma –, utilisés par les artistes canadiens parmi les plus éminents, l’exposition réunie une sélection de 25 œuvres environ.

 

Exposition vente d’estampes Inuit en France, 31 mai-15 juin 2008

March 26th, 2008

Une importante exposition vente d’estampes Inuit se tiendra en France à Souppes sur Loing en région parisienne, du 31 mai au 15 juin 2008. Cet évènement intitulé « Rendez-Vous Polaires – en Terres Inuit » réunit environ 85 estampes créées par 41 artistes du Nunavut, Nunavik et des Territoires du Nord Ouest en Arctique canadien. 

Dans le but de partager le point de vue des Inuit en provenance de diverses communautés arctiques, de nombreux artistes de renom participeront à l’évènement comme Kenojuak Ashevak, Kananginak Pootoogook et Meelia Kelly de Kinngait; Andrew Qappik, Jolly Atagoojuk et Abigail Uutuuva de Panniqtuuq; Johnny Amituk, Josie Sivuaraapik et Josie Papialuk de Puvirnituq ; Angès Nanogak et Mary Okheena de Ulukhaqtuuq (Holman).  

Cet évènement majeur, une première en Europe, est en lien avec l’Année Polaire Internationale et concernera d’autres domaines tels que la recherche scientifique, des conférences,  la musique, le cinéma, la photographie et des activités éducatives. Son objectif vise à promouvoir et documenter l’art contemporain Inuit aussi bien que la culture Inuit. Ces domaines restent relativement peu connus en France de même qu’en Europe alors que beaucoup de gens s’intéressent pourtant à l’art non Occidental (voir par exemples à Paris le Musée du Quai Branly inauguré en 2006, le Musée National des Arts Asiatiques Guimet ou encore le Musée Dapper  dédié aux arts d’Afrique). 

Ce projet est mené par une association à but non lucratif Art Puissance 7 Events, consacrée à la création d’estampe contemporaine et à la promotion des œuvres et des artistes en France. Art Puissance 7 Events s’est joint à Inuksuk Espace Culturel Inuit, une autre association à but non lucratif, créée en 1995 et gérée depuis 1999 par un groupe d’étudiants diplômés de l’Inalco à Paris (la seule université au monde où l’on peut apprendre l’inuktitut, la langue inuit). Les membres d’Inuksuk visent  à  promouvoir la culture inuit en France et en Europe, par l’intermédiaire d’expositions, de conférences scientifiques comme grand public et d’activités pédagogiques. 

Divers partenariats canadiens et français ont été engagés afin de réaliser le projet : avec la Dorset Fine Art de Toronto, le Centre Culturel Avataq, la Fédération des Coopératives du Nouveau-Québec, la galerie d’art L’Iglou Art Esquimau (à Douai en France). Ce projet bénéficie également de collaborations engagées avec les ateliers d’estampes arctiques : l’Uqqurmiut Centre Art & Crafts à Panniqtuuq et la Dorset Fine Art à Kinngait.  

Nous souhaitons beaucoup de succès à l’évènement, d’autant plus que le bénéfice des ventes sera reversé aux ateliers d’estampes et à leurs artistes, en territoires Inuit. 

Pour davantage de détails :

www.art7events.org

www.espace.inuit.free.fr

 

Les Sculptures en Andouiller de Caribou de Kangiqsualujjuaq

March 26th, 2008

Localisé sur la côte est de la baie d’Ungava au  Nunavik (Arctique québécois),  Kangiqsualujjuaq (autrefois George River) se spécialise dans la sculpture en andouiller (bois) de caribou depuis les années 1970. Kangiqsualujjuaq signifie en inuktitut (langue inuit) « très large baie » ; environ 750 personnes (2006) vivent dans cette communauté inuit. « Ce que montrent nos sculptures, c’est la vie que nous avons vécue dans le passé jusqu’à aujourd’hui. Nous montrons la réalité. », disent les artistes Inuit.

L’importance de la représentation de la réalité du quotidien Inuit, aussi bien que des évènements décrits par l’histoire orale Inuit, les mythes et les souvenirs personnels est un courant dans la sculpture au Nunavik depuis les années 1950. Les œuvres d’art de Kangiqsualujjuaq ont souvent une tendance vers la distorsion et l’expressionnisme des figures  et des corps des humains comme des esprits, inspirés par le chamanisme et les scènes de transformation d’esprits.

Bien que le marché international de l’art évalue la réussite de l’art du Nunavik «classique » des années 1950, il encourage et récompense aujourd’hui l’innovation. Les Inuit sculptent les andouillers de caribou depuis des siècles, en lien avec le chamanisme  et le mode de vie nomade. Alors qu’ils se déplaçaient  annuellement des campements d’hiver à ceux d’été, les sculptures traditionnelles en ivoire et bois de caribou étaient de petites tailles. Mais la dimension des sculptures a significativement augmenté et ce pour deux raisons : le développement de l’art inuit sur le marché international ainsi que l’établissement des communautés arctique et la sédentarisation forcée.

L’andouiller de caribou est un matériau couramment utilisé : les Inuit chassent les caribous pour manger leur viande, vêtir leur peau, transformer leur bois en outils et en sculptures etc… ; les caribous perdent leurs bois chaque année.Les artistes Inuit associent souvent les andouillers avec la pierre, l’os de baleine ou l’ivoire.

Les bois de caribous (comme l’ivoire) sont habituellement travaillés avec de petits broyeurs à aspiration flexible, des scies, des petites limes à diamants et des couteaux bien aiguisés. La sculpture en andouiller est également pratiquée au Nunavut et à l’échelle pan Inuit, comme le Tupilaq au Groenland.

Pour davantage d’informations sur la communauté et ses artistes, voir ce site : www.nvkangiqsualujjuaq.ca

 

Les Sources d’Inspiration dans l’Art Inuit

March 26th, 2008

L’environnement immédiat et les expériences individuelle, familiale ou communautaire représentent les sources essentielles d’inspiration des artistes, y compris lors de la représentation de sujets chamaniques et imaginaires.

Depuis ses débuts dans les années 1950, l’art contemporain Inuit s’adresse au marché international de l’art – Amérique du Nord et Europe en particulier – c’est-à-dire aux Qallunaat, « les Blancs ». Initialement à but commercial, la création artistique contemporaine du Nunavut et du Nunavik dépasse néanmoins cette seule finalité : l’art assigne aux Inuit une nouvelle identité, à laquelle participe le répertoire iconographique des estampes. Les artistes sont unanimes lorsque nous les interrogeons : « l’importance du sujet prime sur tout le reste ». La signification du sujet et l’intentionnalité des artistes déterminent l’iconographie des œuvres qui deviennent porteuses de parole.

L’activité cynégétique occupe une place essentielle dans la culture inuit et représente naturellement un sujet de prédilection pour les artistes, majoritairement masculins – donc chasseurs – au début des années 1960. N’oublions pas que quand les artistes ne travaillent pas, ils vont chasser le plus souvent si le temps le permet. Omniprésent dans la société inuit, le gibier l’est aussi dans l’iconographie : seuls ou en groupe(s),  les mammifères marins et terrestres apparaissent pourchassés par des prédateurs humains ou animaux, mais également acteurs des mythes fondateurs ou encore associés au chamanisme. L’ours blanc, le caribou, le phoque, le morse, le narval, le béluga et la baleine, mais aussi les poissons et  les oiseaux (harfang des neiges, corbeau et huard en particulier) correspondent aux sujets animaliers les plus répandus dans les estampes. Le quotidien représente également un thème iconographique majeur dans les arts graphiques comme dans la sculpture, en référence au mode de vie nomade passé mais aussi sédentaire actuel. En dépit de l’importance des scènes de chasse, l’illustration des activités féminines s’intensifie (avec des sujets comme : mère et enfant, le partage de la nourriture, la préparation des peaux) en lien avec la féminisation  croissante des artistes graphiques.

Aujourd’hui, les artistes Inuit s’inspirent simultanément  du passé et du présent, c’est-à-dire que leur représentations artistiques se réfèrent à la fois au mode de vie passé nomade et actuel sédentaire. Les sujets choisis par les artistes contemporains contribuent à la transmission et à la réappropriation des savoirs traditionnels, dont le processus de  christianisation engagé dès la fin du XIXe siècle et la scolarisation forcée dans les années 1950 les a privés.  Etrangères à la notion de « l’art pour l’art », les créations Inuit – les estampes comme les peintures, les sculptures ou encore les tapisseries et les poteries – œuvrent comme supports de narrations. Si l’histoire de l’art occidental n’accorde que peu voire pas de place au discours de l’artiste, les œuvres d’art contemporaines inuit ne peuvent pourtant être dissociées de la parole puisqu’elles proviennent d’une société dont les savoirs issus des expériences collectives et individuelles se transmettent par l’oralité.

Devenues explicites à l’extérieur du territoire Inuit, les œuvres d’art Inuit attestent de la richesse du répertoire iconographique comme de la dynamique de la création artistique. Les artistes Inuit jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la société contemporaine : leur fort engagement dans le domaine culturel leur assigne un nouveau statut au niveau local et international, celui de porte parole d’une culture en changement ouverte sur le monde et profondément attachée à ses traditions.

Pour en apprendre davantage :

 Ingo HESSEL, Inuit Art : An Introduction, Vancouver/Toronto : Douglas & McIntyre, 1998. 

 

Un nouveau blogue pour quelles intentions ?

March 26th, 2008

Le but de ce blogue consiste à examiner et documenter la création artistique Inuit à l’échelle pan Inuit, en lien étroit avec la culture Inuit du passé comme du présent, que ce soit en Alaska, au Groenland au Nunavut ou au Nunavik (Arctique oriental canadien).

Nos intérêts portent sur les œuvres d’art, leurs créateurs et les évènements artistiques comme sur les expositions et les projets culturels consacrés à l’art Inuit et plus largement à l’art  autochtone, dans une perspective internationale. Ce blogue vise également à partager les connaissances acquises in situ auprès des acteurs artistiques de la sphère locale, afin d’engager une réflexion sur l’art et la culture Inuit.

Malgré la diffusion de son art sur la scène artistique internationale la culture Inuit souffre encore de trop nombreux préjugés. Rappelons qu’avant de s’affirmer sur la scène politique, les Inuit avaient préalablement acquis une certaine reconnaissance grâce à la diffusion de leur art en Occident.

La première exposition vente d’art contemporain Inuit eut lieu à Montréal en 1949. Depuis l’acquisition en 1953 du double statut d’œuvre d’art et d’art national canadien lorsque la Reine reçoit comme cadeau diplomatique de la part du gouvernement fédéral une sculpture Inuit contemporaine, les œuvres d’art Inuit sont désormais présentes à l’échelle nationale et internationale par l’intermédiaire des musées, des galeries et des collections privées.

La création artistique représente une composante essentielle dans l’élaboration d’un discours identitaire Inuit contemporain. Le fort engagement des artistes dans le domaine culturel leur assigne un nouveau statut, au niveau local comme international : celui de porte parole d’une culture en changement, profondément ancrée  dans ses traditions mais néanmoins ouverte sur le monde.

  

 

Kayakeur
Goo Pootoogoo

Ours Dansant
Padlaya Qiatsuk

Tupilak
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