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Respect des animaux sauvages

[Ce texte est extrait de : OOSTEN, Jarich, Frédéric LAUGRAND et Wim RASING (Dir.), Entrevues avec des aînés inuit : Perspectives sur le droit traditionnel, Volume 5. Iqaluit: College Arctique du Nunavut, p. 37- 36.]

  [caption id="attachment_605" align="alignleft" width="200"]Chasseur, v.1970, artiste non identifié de Puvirnituq Chasseur, v.1970, artiste non identifié de Povungnituk[/caption] Le respect des animaux sauvages est un trait marquant de la culture inuit qui a toujours existé, tant dans le passé qu’aujourd’hui. En fait, on peut dire que ce respect est situé au centre des tiriguusiit, des maligait et des piqujait. Bien qu’on ne croie plus aujourd’hui que le gibier ait un inua, un esprit, on croit que les animaux sont conscients de la manière dont on les traite. Si le gibier n’est pas respecté, il va se venger du chasseur ou même de toute la communauté. Dans le passé, cela pouvait signifier la famine. Aujourd’hui, on souligne l’importance de la gestion des animaux sauvages. Le respect des animaux sauvages joue un rôle important quand les anciennes traditions et les nouvelles entrent en conflit. Les qallunaat ne sont souvent pas suffisamment conscients de l’effet que le respect des animaux sauvages peut avoir sur les interactions entre Inuit et qallunaat. [caption id="attachment_607" align="alignleft" width="350"]Chasseur, 2005, Wayne Pukiknak, Gjoa Haven Chasseur, 2005, Wayne Pukiknak, Gjoa Haven[/caption] [Émile] Imaruittuq explique : « Quand on a commencé à s’intéresser aux revendications territoriales, il a fallu parler des animaux sauvages. Cela a créé beaucoup de crainte parmi les aînés. Ils nous disaient de ne pas nous quereller à propos des animaux parce que c’était très dangereux. Nous leur avons expliqué que nous devions nous quereller à propos des animaux parce que nous étions en train de négocier avec les qallunaat et que c’était une technique des qallunaat. Nous avons expliqué que nous étions en train de négocier légitimement à propos du gibier. C’est un piqujaq auquel nous devons obéir. Nous ne devons pas nous quereller à propos des animaux sinon ceux-ci vont se venger. » Le respect des animaux sauvages implique que les gens ne tuent pas pour le plaisir. [Mariano] Aupilaarjuk explique : « Dans le passé, les Inuit se préparaient pour l’avenir. Parce que nous ne voulions pas traverser de périodes difficiles, on nous disait de ne pas tuer d’animaux pour le simple plaisir de les tuer. »  
Aupilaarjuk : On dit aux Inuit de ne pas abuser des animaux sauvages. Et pourtant, certains animaux sont emportés très loin et installés dans des environnements humains qui sont trop chauds pour eux. Dans leur habitat naturel ils couvrent de grandes distances quand ils se déplacent et ils ne sont pas enfermés. Nous les Inuit, quand on entend parler d’incidents où des animaux tels que des morses sont capturés et gardés en captivité, nous pensons qu’ils souffrent parce qu’eux aussi ont des sentiments. On nous a toujours dit de ne pas abuser des animaux sauvages pour que nos enfants aient une bonne vie. On nous l’a répété maintes fois. On nous a dit de craindre que quelque chose de terrible allait nous arriver si nous maltraitions les animaux. On nous a dit de bien nous occuper des animaux sauvages sur notre terre. Les caribous et les baleines beluga existent en grandes quantités. Parfois, il y en avait tellement que nous ne savions pas comment faire pour en tuer un grand nombre. Mais maintenant, en hiver, on utilise des motos-neige et on les tue au fusil, et ensuite les carcasses gèlent. Il y a des gens qui ne prennent que la partie arrière de l’animal. Parfois, les gens ne prennent que la langue de certains caribous et abandonnent le reste de la carcasse. Ce n’est pas beau à voir. C’est quelque chose que nous, les aînés, nous n’aimons pas voir. Ce n’est pas une chose à laquelle les Inuit viennent juste de penser. Dans le passé, les Inuit se préparaient pour l’avenir. Parce que nous ne voulions pas traverser de périodes difficiles, on nous disait de ne pas tuer les animaux pour le simple plaisir de les tuer.

[ Pour des détails sur les oeuvres, voir le site de notre galerie: http://www.inuitartzone.com/SearchResults.asp?searching=Y&sort=13&search=hunter&show=10&page=4]

Source : OOSTEN, Jarich, Frédéric LAUGRAND et Wim RASING (Dir.), Entrevues avec des aînés inuit : Perspectives sur le droit traditionnel, Volume 5. Iqaluit : College Arctique du Nunavut, p. 37- 36. [Ce texte est disponible dans son intégralité en ligne (format PDF) : http://www.traditional-knowledge.ca/francais/pdf/Perspectives-On-Traditional-Law-F.pdf ] Pour en apprendre davantage sur la culture inuit, voir le site « À l’écoute de notre passé » (site trilingue : inuktitut/français/anglais) : http://www.traditional-knowledge.ca/francais/pdf/Perspectives-On-Traditional-Law-F.pdf    
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