Inuitartzone.com

Femmes artistes inuit

Cette semaine, je voulais partager avec vous l’extrait d’un texte écrit par Minnie Aodla Freeman, femme inuit, auteur et traductrice accomplie : Bien que je ne sois ni artiste ni célèbre, j’ai fréquenté ces artistes [à Kinngait] en tant qu’auteure inuit. […] Les femmes artistes sont toutes nées là ou dans les campements isolés. Toutes les artistes ont été élevées dans le respect des valeurs traditionnelles, mais leur adaptation à la société moderne les rend remarquables. Pourquoi est-ce que je dis qu’elle les rend ainsi remarquables ? Parce que tout au long des années où j’ai vécu dans le Canada méridional, je n’ai pas vu d’autre culture  qui se soit adaptée aussi soudainement à une autre, survivant à toutes ses faiblesses, aux mauvaises influences, et aux maladresses des gens bien intentionnés. Malgré l’introduction soudaine de nouveaux modes de vie, les femmes inuit sont demeurées telles que les avait formées leur culture traditionnelle. Elles sont restées patientes, polies, généreuses et toujours agréables à regarder, le visage souriant. Le sourire est particulièrement important dans la culture inuit ; il peut tout dire sur la personne qu’il l’arbore. […] Il n’est pas facile de s’adapter à une nouvelle culture si l’on ne s’intéresse pas beaucoup à son nouvel environnement. Au fil des ans, j’ai vu des Inuit s’efforcer de préserver leur culture alors que des gens d’autres cultures négligent la leur, leurs propres origines. Certains le font pour se faire accepter par leurs paires. La renommée n’est pas montée à la tête de ces artistes. Elles auraient simplement eu l’occasion de se prendre pour  d’autres. Bien sûr, elles sont fières de ce qu’elles ont fait. Certaines d’entres elles se sont rendues à l’étranger pour des expositions, et certaines ont voyagé un peu partout au Canada. Quelques une ont installé des peintures murales dans des grandes villes. Mais elles ne prétendent pas être autre chose que ce qu’elles sont. Elles accordent une grande importance à la culture traditionnelle. Elles ont en même temps beaucoup de respect pour la nouvelle culture qui est apparue dans leur communauté au cours des cinquante dernières années. Minnie Aodla Freeman a occupé divers postes dans les médias et la fonction publique. Elle a notamment été rédactrice adjointe de l’Inuit Today Magazine, conseillère culturelle autochtone et narratrice pour la Société Radio Canada à Toronto ainsi que secrétaire générale aux revendications territoriales d’Inuit Tapirisat du Canada. Elle a également étét gestionnnaire-productrice de l’Inuit Broadcasting Corporation à Ottawa, organisation dont elle fondatrice, et a donné des conférences à l’University of Alberta, l’University of Western Ontario, le Memorial University et l’Arctic College à Iqaluit. Référence Minnie Aodla Freeman, « Introduction » in Odette Leroux (ed.), 1995, Femmes artistes Inuit, Echos de Cape Dorset, Hull : Musée Canadien des Civilisations, pp. 14-17.
Share this
Older Post Newer Post