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« Katajjait » : les chants de gorge

Le mot inuit  katajjait  est habituellement traduit en français par  « chants de gorges » - katajjaq est le singulier. En fait, en inuktitut (la langue inuit), katajjaq désigne un jeu où deux femmes imitent des voix animales et des sons naturels comme le son des pas marchant sur la glace ou celui du vent et de la mer. Les katajjait racontent une histoire en rythme alterné sur un  modèle musical  combiné avec des mots. Evie Mark, une jeune femme originaire du Nunavik qui pratique le katajjaq explique ainsi : "Le chant de gorge est une forme d’art, en un sens. Nous n’avons pas de mot en inuktitut pour l’art, mais c’est un art en un sens parce que c’est une façon de se socialiser, une façon de se réunir. L’exemple très typique est quand les maris partent chasser. Les femmes se réunissent quand elles n’ont rien à faire, plus de couture à faire, ni ménage, elles ont juste du plaisir, et l’une des façons de se divertir est le chant de gorge. Ça se passe comme cela. Deux femmes se font face à face en étant très proches l’une de l’autre, et elles chantent avec la gorge comme ça. Si j’étais avec ma partenaire maintenant, je dirais A, elle dirait A, je dirais A, elle dirait A, je dis C, elle dit C. Elle répète alors après moi. Ce serait une sorte de roulement de sons. Et, lorsque cela se produit, vous créez un rythme. Et la seule manière de rompre le rythme est lorsque l’une des deux femmes commence à rire ou si l’une d’elles s’arrête parce qu’elle est fatiguée. C’est une sorte de jeu. On dit toujours que la première personne qui rit ou s’arrête est celle qui perd. Ça n’a rien de sérieux. Le chant guttural est une manière de s’amuser. C’est ça l’idée : avoir du plaisir ensemble. C’est aussi une façon de prouver à tes amis autour de toi et à ta famille que si tu es une bonne chanteuse de gorge, tu vas gagner le jeu." Autrefois découragé par les prêtres à travers le Nord, le chant de gorge est devenu très populaire dans les vingt dernières années, et actuellement il y a beaucoup de femmes - et plusieurs hommes – qui pratiquent les  katajjait pour le plaisir et durant les festivités locales. Les chanteuses de gorge de Puvirnituq au Nunavik (Arctique québécois) sont par exemple très connues à travers le monde. Aujourd’hui, beaucoup de filles ont l’occasion d’apprendre les katajjait par leurs grand-mères ou leurs mères, ou même l’intermédiaire d’un programme culturel tel que le Makkuktut Sangiktilirput à Kangirliniq (Rankin Inlet, Nunavut). Plusieurs paires de chanteuses ont enregistré des albums, et plusieurs chanteuses de gorge sont professionnelles. Deux jeunes Kivallirmiut, Inukshuk Aksalnik de Kangirliniq, et Pauline Pemik d’Arviat ont donné des représentations avec l’Orchestre Symphonique de Winnipeg et ailleurs. Davantage d’informations… Au sujet du katajjaq : http://www.mustrad.org.uk/articles/inuit.htm Makkuktut Sangiktilirput : http://www.pulaarvik.ca/youth/index.html
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