AccueilAcheterSupportÀ ProposNous joindreBloguePanier d'achats

Les scènes de transformations

December 9th, 2009

Les scènes de transformations sont des sujets qui enchantent aussi bien les artistes Inuit que les collectionneurs d’art Inuit. Beaucoup d’artistes représentent des scènes de transformation dans des sculptures, dessins ou estampes parmi lesquels Nick Sikkuak, Matiusi Ayaituk, Simon Tukumi, Alasau Sharky, Joe Ikidlak, Maudie Ohitook, Tukiki Manumi, Markusie Papigatok, Napachie Ashoona. Il existe tellement de différentes représentations de transformations dans les arts de l’Arctique et chacune d’entre elle est unique. Sculpter ou dessiner une scène de transformation peut consister en la représentation de différents éléments de corps d’animaux et d’êtres humains, réunis ensemble pour former une nouvelle créature. Mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air !

 

Les transformations sont un sujet fort dont la signification se réfère à la cosmologie et au chamanisme inuit. Selon les Inuit, l’univers (silajjuaq) s’organise autour de trois mondes : celui où vivent les êtres vivants (humains, animaux et végétaux); un autre habité par les défunts humains et animaux; et le dernier, occupé  par les esprits (tuurnngait). Ces trois mondes sont différents mais inter-pénétrants et le chamane joue le rôle d’intermédiaire entre ces mondes dont il maintient l’équilibre. Il peut être aidé par des esprits auxiliaires protecteurs - tuurnngait -  pour réaliser cette tâche. (voir sur ce blog le texte du 8 mai 2008).

 

La conception du monde Inuit représente un continuum où chaque élément appartient à un ensemble. Chaque être vivant  peut changer son propre corps pour en intégrer  un nouveau, animal ou humain. Ce moment peut ainsi être l’une des scènes de transformation représentée dans une sculpture ou un dessin; mais ça n’est pas la seule. Beaucoup d’artistes connaissent bien peu de choses au sujet du chamanisme aujourd’hui, puisqu’ils ne l’ont pas expérimenté eux-mêmes. Les aînés font bien sûr exception à ceux-là. Cependant, les représentations artistiques du chamanisme sont toujours importantes aujourd’hui, alors que les aîné(e)s  transmettent aux jeunes générations les histoires traditionnelles, par l’intermédiaire de l’oralité et de l’art.

 

Le pouvoir de transformation s’exprime aussi dans de nombreux mythes inuit de l’Alaska, du Groenland et du Canada. On se rappelle de l’histoire de Uinigumasuittuq, «celle qui ne voulait pas se marier» : trompée par un chien transformé en homme, elle l’épouse et a des enfants mi-chiens mi-humains qui donnent naissance aux Blancs, aux Amérindiens et aux Inuit (voir ce blogue en date du 27 mai 2008).

 

Un autre mythe évoque significativement le thème de la transformation : il s’agit de l’histoire du Soleil et de la Lune, telle que cette version collectée en 1899 par Edward Nelson en Alaska (McDonald, 1998 : 272).

On dit qu’un homme et sa femme qui vivaient dans un village côtier avaient deux enfants, un garçon et une fille. Quand ces enfants devinrent grands, le garçon devint amoureux de sa sœur. Étant constamment importunée par le garçon, sa sœur finalement, pour l’éviter, partit dans le ciel et devint la Lune. Le garçon la poursuit depuis ce temps, devenant le Soleil et, parfois la dépassant il l’embrasse, ce qui cause les éclipses lunaires.

 

 

 

Références

 

 

MacDonald, 1998, The Arctic sky : Inuit astronomy, star lore, and legend, Iqaluit :  Nunavut Research Institute.

 

Saladin d’Anglure, Bernard (éd.), 2002, Entrevues avec des aînés inuit : La cosmologie et le chamanisme Inuit, Iqaluit : Nunavut Arctic College.

 

 

 

 

Nouvelle collection d’estampes 2009 de Kinngait (Cape Dorset)

September 28th, 2009

La nouvelle collection 2009 d’estampes de Kinngait (Cape Dorset) vient d’arriver dans le sud et est maintenant disponible dans notre galerie !

 

La collection 2009 de Kinngait compte trente six estampes, obtenues selon différentes techniques d’impression : gravure sur pierre, lithographie, sérigraphie, aquatinte, eau forte, pochoir. Les dessins ont été réalisés par Itee Pootoogook, Kananginak Pootoogook, Kavavaow Mannomee, Kenojuak Ashevak, Mayoreak Ashoona, Ningeokuluk Teevee, Ohotaq Mikkigak, Pitaloosie Saila, Suvinai Ashoona, Tim Pitsiulak puis reproduits par impression par Kavavaow Mannomee,  Niviaksie Quvianaqtuliaq, Pitseolak Niviaqsi et Qiatsuq Niviaqsi.

 

A ces trente-six estampes s’ajoutent les « réalisations spéciales 2009 » (« 2009 special releases») avec les dessins de Kenojuak Ashevak, Meelia Kelly, Pudlo Pudlat et dont les estampes ont été réalisées par Kavavaow Mannomee, Kooyoo Simiga et Iyola Kingwatsiak.

 

Ces œuvres montrent combien la sphère artistique de l’Arctique canadien reste dynamique avec le travail des aînés et des artistes plus jeunes. Si de nombreux oiseaux sont représentés par les artistes dans la collection 2009, ceux-ci sont tous très différents, par leurs sujets (qu’il s’agisse de harfangs des neiges, de huards, d’oies, de lagopèdes, des canards ou de corbeaux), leurs styles et leurs modes de représentation.

 

D’autres animaux de l’Arctique sont également illustrés comme les caribous, les bœufs musqués, les phoques, les morses, les ours polaires, des baleines ou les poissons, mais aussi des paysages et des mythes de la tradition orale inuit. Chaque estampe est unique et révèle le savoir-faire du dessinateur et du maître-graveur/imprimeur, avec leurs propres styles artistiques.

 

 

Célébration du 50e anniversaire de la création d’estampes à Kinngait

 

Kinngait, communauté inuit située au Nunavut, plus connue sous le nom anglais de « Cape Dorset» (aussi familièrement appelée «Dorset») est reconnue sur la scène de l’art international comme la capitale artistique des territoires inuit circumpolaires (Alaska, Canada, Groenland).

 

Ses habitants, les Kinngaimmiut, célèbrent cette année le cinquantième anniversaire de la création de la West Baffin Eskimo Co-operative. Celle-ci a été fondée en 1959 par les Inuit de Kinngait, dans le but d’organiser et de contrôler la diffusion des créations locales sur la scène artistique internationale, mais aussi afin de mieux rémunérer les artistes, tout en redistribuant le bénéfice des ventes au sein même de la communauté, pour que tous les Kinngaimmiut puissent en profiter.

 

La diffusion de la nouvelle collection annuelle 2009 des estampes de Kinngait coïncide ainsi avec le cinquantième anniversaire de la West Baffin Eskimo Co-operative. Pour souligner cet évènement, le musée des beaux-arts du canada à Ottawa organise l’exposition : « Uuturautiit: Cape Dorset Celebrates 50 Years of Printmaking » d’octobre 2009 à janvier 2010.

 

 

Lien :

http://www.gallery.ca/english/592.htm

http://www.inuitartzone.com/fr/exposition/29/calabrons-50-ans-les-gravures-de-cape-dorset-1959-2009.html

Références :

Ryan, Leslie Boyd, 2007, Cape Dorset prints, a retrospective : fifty years of printmaking at the Kinngait studios, San Francisco, Pomegranate.

 

West Baffin Eskimo Co-operative, 2009, Cape Dorset prints. Celebrating 50, 1959-2009, catalogue annuel d’estampe de Cape Dorset 2009.

(Contactez-nous si vous souhaitez obtenir ces publications)

 

 

 

 

 

L’ours dansant dans l’art contemporain de l’Arctique

July 1st, 2009

Avez-vous déjà vu un ours qui danse représenté en sculpture, estampe ou dessin par un artiste inuit ? Bien sûr vous en avez déjà vu et ce n’est pas surprenant puisque dans l’art inuit, le thème de l’ours dansant est le sujet iconographique le plus populaire. Nous pouvons voir tant d’œuvres d’art représentant des ours qui dansent sur le marché international de l’art. Mais qu’est-ce que cela signifie ?

 

L’ours qui danse : sa signification

 

Il n’existe pas une seule explication  concernant l’ours dansant dans l’art et la culture inuit. En fait, la signification la plus répandue de ce sujet est liée au chamanisme et au monde des esprits. Selon la pensée inuit, l’univers est occupé par les êtres vivants (humains, animaux, végétaux), les défunts et les esprits (tuurnngait) qui occupent chacun des mondes différents mais inter-pénétrants. Tout être vivant est pourvu d’un anirniq «respiration, souffle vital» qui, à la mort du sujet, intègre un nouveau corps animal ou humain. La conception du monde inuit représente un continuum, où chaque élément fait partie d‘un tout.  

 

Le/la chamane sert d’intermédiaire entre ces différents mondes et en maintient l’équilibre. Il/elle peut voyager d’un monde à l’autre, en volant à travers les airs ou les eaux, entrant ainsi en communication avec le monde des défunts ou des esprits. Il/elle peut alors changer d’apparence et être à la fois humain et anima : il s’agit alors de ce qu’on appelle la «transformation du chamane».

 

Il/elle peut être aidé(e) par des esprits auxiliaires protecteurs - les tuurnngait - pour réaliser cette tâche ; ils lui procurent force et pouvoir. L’ours polaire peut être l’un des ces tuurnngait et quand  le chamane l’appelle, il/elle joue du tambour et danse. La plupart du temps, lorsque les artistes inuit représentent un ours dansant, il s’agit précisément du moment où le/la chamane dansant et chantant entre en communication avec l’ours, leur esprit et leur corps fusionnent alors.

 

 

Son origine dans l’art contemporain

 

Dans une perspective historique, le premier ours dansant a été  sculpté par Pauta Saila, un artiste talentueux qui vivait et travaillait à Kinngait (Cape Dorset) au Nunavut. Né en décembre 1917 et récemment décédé (juin 2009), il vivait avec sa seconde femme Pitalusi Saila, une célèbre artiste graphique.

 

Pauta Sailaa a produit une variété de sujets dans le domaine de la sculpture, du dessin et de l’estampe. Il réalisa  son premier ours qui danse au milieu des années 1950. Rapidement, ce sujet séduit les collectionneurs et la demande augmente sur le marché international de l’art.  Aujourd’hui , beaucoup d’artistes de toutes les communautés inuit sculptent ou dessinent des ours qui dansent, de même que des caribous ou des bélugas dansants tels Moe Putuguq, Michael Samayuallie, Padlaya Qitasuk, Johnny Papigatok, Mattiusie Tunillie, Ottokie Ashoona, Kananginak Putuguq…

 

 

 

Lien :

http://www.tradition-orale.ca/default.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kangiqliniq, Nunavut

June 24th, 2009

Kangiqliniq est une communauté (village) localisé sur la côte Ouest de la Baie d’Hudson. Kangiqliniq signifie en inuktitut « la baie»; Rankin Inlet est son nom anglais. La communauté a ainsi été nommée par les propriétaires de la Mine Rankin Inlet qui produisait entre 1957 et 1962 du nickel et du minerai d’or et de cuivre. La mine était alors le plus important employeur de  mineurs dans l’Arctique canadien.

 

Kangiqliniq est un centre gouvernemental majeur au Nunavut.  En 1995, lors du plébiscite pour la désigner la capitale du Nunavut, Kangiqliniq a été vaincue par Iqaluit. Lors du recensement 2006, la population était de 2358 personnes, ce qui représente une augmentation de 8,3% par rapport au recensement de 2001. (Statistiques Canada).

 

Kangiqlinirmiut (les habitants de Kangiqliniq) partagent leur production artistique entre la céramique, la sculpture, l’estampe, le dessin, l’aquarelle et les pièces coulées en bronze. Alors que les arts sculptural et graphique commencent à se développer dans les années 1950, un premier atelier de céramique est inauguré en 1963 et fonctionne jusqu’en 1977. L’atelier actuel a été ouvert dans les années 1990 par une nouvelle génération d’artistes.

 

Des sculpteurs comme George Arlook, John Tiktak, Hunter Toonoo travaillent avec de la stéatite et de la serpentine (pierre dure verte ou noire) aussi bien qu’avec de l’ivoire et de la céramique. Ils sont largement admirés pour leurs représentations sculpturales de corps et de visages humains et de formes organiques. Leurs créations artistiques illustrent des thèmes traditionnels selon un style novateur.

 

 

 

Lien :

http://www.rankininlethotel.com/rankin-inlet-inuit-art.htm

 

 

 

 

 

 

 

Kuujjuaraapik, Nunavik

May 31st, 2009

Kuujjuaraapik est la communauté Inuit située la plus au sud au Canada, sur la côte ouest du Nunavik, au nord du Québec. Kuujjuaarpik est connue sous différents noms alors que des gens de différentes langues et cultures y vivaient et y vivent encore aujourd’hui : Kuujjuaraapik « la grande petite rivière » en inuktitut, Whapmagootsi « où il y a des baleines» dans la langue cree et Poste-de-la-Baleine (traduit en anglais par Great Whale in English).

 

Le village a commencé à se développer vers la fin des années 1930. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont construit à Kuujjuarapik une base militaire et un aéroport, qu’ils ont ensuite transférés au gouvernement canadien en 1948. Le poste de commande de la Ligne Mid-Canada, ligne de stations de radars militaires construite en 1955 le long du 55e parallèle de l’océan Atlantique à la baie d’Hudson, se trouvait à Kuujjuarapik.

 

A cette époque, Kuujjuaraapik était la communauté la plus importante de la région de la baie d’Hudson. La population a cependant régressé en 1985, lorsque certaines familles, craignant les impacts négatifs du projet hydroélectrique Grande-Baleine, ont décidé d’aller s’établir à Umiujaq à 160 km au nord de Kuujjuarapik. Le recensement de 2006 a ainsi comptabilisé  568 habitants et 165 familles (Stastisques Canada).

 

A la fin des années 1960, la création de sculptures prend de l’ampleur et davantage de pièces sont vendues dans le sud par l’intermédiaire de la Fédération des Coopératives du  Nouveau Québec (fondée en 1967 afin de doter le mouvement coopératif en pleine croissance de moyens et de services encore plus efficaces pour atteindre leur but : « atautsikut/ensemble, travailler pour un essor collectif sans que personne ne soit laissé pour compte ».)

 

Certains artistes deviennent célèbres sur la scène artistique internationale grâce à leurs sculptures, estampes et dessins représentant le plus souvent des animaux et des mythes dans un style puissant : d’une composition peu détaillée aux lignes simples avec mais avec les caractéristiques principales de leurs sujets.

 

Josie Napartuk (1901-1980), son fils Henry Ainalik Napartuk (1932-1985) tout comme Lucy  Meeko (1929-2004) étaient reconnus pour leurs sculptures et leurs estampes. Aujourd’hui, il n’y a qu’un petit nombre d’artistes comme Alec Lawson Tuckatuck (1976-) qui sculpte la stéatite, les andouillers de caribou, les cornes de bœuf musqué et les défenses de morse (il possède son propre site internet : http://www.inuitstonecarving.com/about_me.html). Lizzie Amiaku Papialuk (1941-) et Emily Novalinga (1954-) réalisent quant à elles des paniers er des boîtes de végétaux tressés.

 

 

 

Pour apprendre davantage au sujet de Kuujjuaraapik :

http://www.nvkuujjuaraapik.ca/

http://www.nunavik-tourism.com/page.aspx?page_id=74

http://www.inuulitsivik.ca/b_kuujjuarapik_e.htm

 

 

Inujjuaq, Nunavik

May 10th, 2009

Inujjuaq, « le géant » en inuktitut (autrefois Port Harrison), est une communauté inuit localisée au Nunavik (Nord du Québec), sur la côte sud ouest de la Baie d’Hudson. En 2006, 1597 habitants  et 335 familles ont été recensées à Inujjuaq. L’âge moyen de la population est de 23.8 ans (Statistique Canada).

 

A Inujjuaq, le musée Daniel Weetaluktuk présente une collection d’objets d’art et d’artisanat inuit, de même que des outils, de l’équipement de chasse et de l’attirail de pêche traditionnels. Dans le hall d’entrée de l’école Innalik est exposé en permanence une série de bas-reliefs illustrant la vie quotidienne dans une communauté inuit.

 

Sculpture

Des sculpteurs renommés tels que Juani Akuliak (1951-), Elisapi Inukpuk (1938-), Charlie Inukpuk (1941-), Noah Arpatuq Echalook (1946-), Lucassie Qumaaluk Echalook (1942-) travaille à Inujjuaq. Isa Paddy Aqiattusuk (1898-1954), Jimmy Inurali Arnamissak (1946-2003), Johny Manumi Inukpuk (1911-2007), Paulusie Kasudluak (1928-2000) furent ceux qui commencèrent à sculpter dans la communauté, donnant ainsi une certaine notoriété à leurs créations artistiques.

 

Joaillerie

Fin mars 2009 – Le Secrétariat des Arts du Nunavik Aumaaggiivik, un nouveau département de l’Institut culturel Avataq visant à soutenir et favoriser les artistes du Nunavik, a officiellement donné le coup d’envoi à ses activités plus tôt ce mois-ci avec un projet pilote de formation à Inukjuak. Le premier des deux modules de formation de huit semaines du Projet de joaillerie d’Inukjuak a débuté le 2 mars 2009. Les artistes d’Inukjuak y étudieront les aspects esthétiques, techniques et culturels de la fabrication de bijoux haut de gamme. L’objectif est de créer un milieu d’apprentissage à la fois inspirant et dynamique qui favorise les échanges sincères entre sculpteurs et joailliers.

 

Le projet de joaillerie d’Inukjuak a été rendu possible grâce au prêt à long terme d’un bâtiment à Inukjuak que possède la Société Makivik et aux contributions faites par le Fonds de diversification et le Programme Emploi et Formation de l’Administration régionale Kativik, ainsi que par le Fonds socio-économique du Centre local de développement Kativik. Le programme du cours et l’aménagement de l’atelier ont été conçus par l’artiste montréalaise des médias, Catherine Béchard, une ancienne joaillière qui compte beaucoup d’expérience dans les communautés nordiques, en collaboration avec Bruna Mastroianni de la Commission scolaire Kativik. Les élèves du Centre de formation des adultes Nunavimmi Pigiursavik ont participé aux travaux de rénovation du bâtiment. L’enseignante Linda Brown travaillera avec les artistes Joanasie Elijassiapik, Andrew Nulukie, Laina Nulukie, Eva Lucy Inukpuk, Inuksiak Arnamissak, Elijah Tukai, Jeffrey Kasudluak et Clara Kasudluak.

 

 

 

Sources :

 

www.nvinukjuak.ca/ 

www.avataq.qc.ca/   

www.nunavik-tourism.com

    

 

Kimmirut, Nunavut

March 26th, 2009

Anciennement connue en tant que Lake Harbour, le nom de la communauté «Kimmirut» signifie en inuktitut «en forme de talon», en lien avec l’affleurement du marbre situé en face de la communauté. En 2006, 411 habitants comprenant 225 personnes de sexe masculin et 180 de sexe féminin ont été recensées à Kimmirut. L’âge moyen de la population est de 22.1 ans (statistiques Canada).  La communauté se situe  à 120 km au sud d’Iqaluit, sur l’île de Baffin au Nunavut.

 

Plusieurs familles nomades ont établi leur résidence permanente à Kimmirut au cours des années 1950-1960 et la communauté a conservé  un style de vie relativement traditionnel en participant ainsi aux activités de chasse, d’art et d’artisanat. Des bâtiments de cette époque sont encore utilisés, comme ceux de du premier poste de la Garde Royale Canadienne (GRC, 1915), les bâtiments de la Compagnie de la Baie d’Hudson et ceux de l’Église Anglicane.

 

 

Sculpture

 

Les pierres locales, la stéatite verte et la serpentine, sont souvent utilisés par les artistes de Kimmirut. Une carrière de pierre est située à proximité de Kimmirut. Quelques sculpteurs travaillent avec de l’ivoire. Ils réalisent souvent des objets sculptés et incisés sur ivoire. Certains des artistes sculptent également avec des andouillers de caribous.

 

Des artistes de renom, nés dans des campements près de Kimmirut, comme Eliyah Michael, Iola Ikkidluak, Temela Aqpik, Shorty Killiktee, Davidee Ittulu ou Anu Arlooktoo, sculptent avec de la pierre, de l’ivoire et de l’andouiller de caribou, représentant  des sujets animaliers (oiseaux, ours, phoques, baleines), des scènes de chasse, des danseurs jouant de tambour et des mythes traditionnels inuit. Leur style naturaliste a acquis une forte réputation sur le marché de l’art international.

 

 

Sources :

http://kimmirut.ca/about/About.html

http://www.kimmirut.com/kimmirut-inuit-artists.htm  

 

 

Arviat, Nunavut

March 11th, 2009

Le nom Arviat provient du mot arviq signifiant en inuktitut «les baleines». Arviat, autrefois appelée Eskimo Point jusqu’à juin 1989, est la communauté la plus au sud du Nunavut, située sur la côte ouest de la Baie d’Hudson, dans la région Kivalliq. En 2006, 2060 habitants ont été recensés  à Arviat, dont 1055 personnes sont âgées de 19 ans ou moins. Il y a 455 foyers dont  93% des résidents sont inuit. 

 

La production sculpturale a débutée au début des années 1960 et les artistes ont rapidement acquis une réputation, grâce à un style distinct qui résulte de  l’utilisation de la stéatite, une pierre dure locale, populairement appelée pierre à savon. Les artistes originaires d’Arviat ou qui y vivent sont bien connus sur le marché international de l’art, alors que leurs œuvres sont conservées dans les collections de musées réputés  comme la Winnipeg Art Gallery, le Musée Canadien des Civilizations et le Musée national des Beaux-Arts du Canada.

 

À Arviat, la sculpture de stéatite représente presque exclusivement des thèmes en référence à la famille et à la maternité comme les œuvres réalisées par John Attok (1906-1980), Andy Miki (1918-1983) et John Pangnark (1920-1980). Les détails de l’anatomie et des vêtements sont généralement  occultés, si bien que les œuvres semblent proches de l’abstraction, pouvant être qualifiées de « minimalistes ». Lucy Tasseor Tutsweetok (1934-) consacre ses œuvres sculpturales aux thèmes de la famille et de la communauté; elle est probablement aujourd’hui l’artiste la plus connue d’Arviat.

 

D’autres artistes tels que Daniel Alareak (1964-) sculptent avec des andouillers de caribous, explorant ainsi des sujets variés incluant des représentations chamaniques et cynégétiques. Depuis 1994, Daniel Alareak réalise des bijoux, travaillant avec de l’ivoire  de défense de morse, incorporant aujourd’hui du métal à ces pièces de joaillerie.

 

Par ailleurs, les femmes d’Arviat produisent des tapisseries murales qui montrent traditionnellement des figures de peau de caribou, avec les têtes sculptées dans de l’os ou de l’andouiller.  Des poupées faites de pierre et de peau de phoque séchées sont également réalisées par Martina Anoee et Alice Akkamuk.

 

La communauté d’Arviat abrite également : le Centre des Visiteurs Margaret Aniksak où sont exposés des artefacts de la vie traditionnelle Inuit issus du site archéologique d’Arvia’juaq ; la Société des Aînés Arviat Sivulinut qui offre l’apprentissage des jeux de ficelles, des jeux de gorge et propose des barbecues de têtes et de sabots de caribous par exemples ; le Centre de Couture Kiluk qui propose à la vente de l’art et de l’artisanat local ; et l’atelier de sculpture Ulimait qui fournit un local de travail aux sculpteurs d’Arviat

 

 

 

Référence :

 

 

Winnipeg Art Gallery, 1982. Eskimo Point/Arviat, Winnipeg Winnipeg : Art Gallery.

Hessel, Ingo, 1990. « Arviat stone sculpture: born of a struggle with an uncompromising medium», Inuit Art Quarterley, 5 (1): 4-15.

 

http://www.arviathotel.com/arviat-inuit-art.htm

 

 

 

 

 

 

Ulukhaqtuuq, Territoires du Nord Ouest

February 25th, 2009

Ulukhaqtuuq, « l’endroit où l’on coud» en innuinaqtun (dialecte de l’inuktitut), est une communauté inuit située sur la côte ouest de l’île Victoria, dans les Territoires du Nord Ouest dans l’Arctique canadien. Une population de 398 ulukhaqtuurmiut, incluant 105 familles, y vivent (recensement 2006, Statistique Canada). Ulukhaqtuuq (anciennement Holman, en anglais) a été fondé en 1939  avec la construction d’un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson et d’une mission catholique romaine.  En 1966, la communauté initialement située sur la baie King’s, a été déplacée sur l’emplacement actuel de la Baie Queen’s, en raison d’une forte augmentation de la population.

 

L’estampe

Ulukhaqtuuq est la seule communauté arctique occidentale menant un programme de création d’estampes. Cette pratique artistique est tout d’abord venue répondre aux besoins croissants en matière de développement économique comme cela a souvent été le cas dans les communautés de l’Arctique canadien. Des artistes Inuit et le père Henri Tardy, prêtre responsable de la mission catholique à Ulukhaqtuuq de 1949 au début des années 1980, se sont inspirés de la réussite des commerces d’œuvres d’art et d’artisanat d’autres communautés inuit telle que Kinngait et Panniqtuuq au Nunavut ou Puvirnituq au Nunavik, pour créer la Holman Eskimo Co-operative en 1961.

 

Au début des années 1960, les artistes de Ulukhaqtuuq utilisent différentes techniques  d’estampes : la gravure sans acide, lithographie, pochoir, gravure sur pierre, gravure sur bois. Initialement, les peaux de phoque servaient à réaliser les pochoirs. Depuis 1986, les principales techniques utilisées sont le pochoir et la lithographie qui permettent des représentations détaillées et naturalistes et suscitent  aujourd’hui, pour les artistes de Ulukhaqtuuq, un intérêt majeur.

 

Des sujets traditionnels comme les scènes de chasse, les mythes oraux, le quotidien du passé  sont représentés par des artistes célèbres de Ulukhaqtuuq : Flossie Papilluq (1904-1994), Mona Ohoveluk (1935-1892), Agnès Nanogak Goose (1925-2001), Alec Aliknak Banksland (1928-1998), Stanley Ilonak Klengenberg (1964-1999), Patrick Akovak Klenbengerg (1944-1976), Helen Kalvak (1901-1984), Mark Emerak (1901-1983), Victor Ekootak (1916-1965).

 

Harry Igutaq (1925-), Mabel Ninngiuq (1938-), Mary K. Okheena (1957-), Peter Palvik (1960-), Louie Nigiyok (1960-), Roberta Memogana (1971-), Susie Malgokak (1955-), Peter Malgokak (1954-),  Elsie Klengenberg (1946-), William Kagyut (1919-), Trex Kangoak Goose (1965-), Julia Manoyok  Ekpakohak (1968-), Harry Egotak (1925-) sont les artistes d’aujourd’hui qui réalisent des dessins et des estampes avec des couleurs lumineuses et des compositions sophistiquées. 

 

 

Référence :

Coward-Wight, D. (ed.), 2001. Holman, forty years of graphic art / Holman, quarante ans d’art graphique. Winnipeg: Winnipeg Art Gallery.

 

http://www.museevirtuel.ca/Exhibitions/Holman/francais/artists/index.php3#c21

 

 

 

Qamanittuaq, Nunavut

February 5th, 2009

Qamanittuaq «là où la rivière s’élargit» en inuktitut, est située dans la région Kivalliq au Nunavut, à 320 km de la Baie d’Hudson à l’intérieur des terres. Qamanittuaq, autrefoir Baker Lake jusqu’en 1977, est la seule communauté de l’Arctique canadien située à l’intérieur des terres. Le recensement des 2006 a comptabilisé 1728 habitants et 450 familles à Qamanittuaq dont 47 % de la population est âgée de 0 à 24 ans (Statistique Canada).

 

La Co-opérative Sanavik

La Co-opérative Sanavik a été mise en place une année avant la réalisation de la première collection d’estampes de Qamanittuaq en 1970. L’atelier d’estampe a été totalement détruit par un incendie en 1977, ainsi que les archives de dessins et la collection entière d’estampes l’année suivante. Après plusieurs années de difficultés financières, l’atelier d’estampe a été contraint de fermer, après la réalisation de la collection de 1990.

 

Au début de l’année 1996, un programme d’art graphique financé par le Nunavut Arctic College a permis la réalisation d’une nouvelle collection expérimentale. En plus de la production artistique, les activités de Sanavik incluent un hôtel, un magasin de vente au détail, la télévision par câble, le service des postes, des locations vidéos  et de biens.

 

L’Estampes, la Sculpture et la Tenture

La technique d’estampes la plus fréquemment utilisée à Qamanittuq est la gravure sur pierre et le pochoir, souvent combinées; auxquelles s’ajoutent ces dernières années la sérigraphie, la gravure sur linoléum et sur bois. L’art textile est également pratiqué par les femmes comme Jessie Urnaq, Janet Kigusiuq and Irene Avaalaaqiaq qui cousent des tentures à partir de dessins, comme une extension naturelle de leur travail de préparation des peaux et de couture de vêtements de peaux. Peu d’artistes pratiquent la sculpture à Qamanittuaq

 

Parce que Qamanittuaq se situe à l’intérieur des terres, les sujets iconographiques des domaines graphique et sculptural se caractérisent par la représentation de caribous et de bœufs musqués plutôt que par celle des mammifères marins (baleine, béluga, morse et phoque) et le mythe de Kiviuq est davantage illustré que l’histoire de Takanaaluk ou Uinigumasuittuq (Sedna).

Les mythes traditionnels sont très populaires parmi les artistes de Qamanittuaq comme auprès des dessinateurs et maîtres graveurs : Simon Tukumi (Tookoomi), Victoria Mamnguqsualuk, William Noah, Irene Avalaaqiaq, Luke Anguhadluk, Jessie Urnaq (Oornak) et Janet Kigusiuq de même qu’auprès des sculpteurs comme Jonhy Iquliq, Tuna Iqulik, Matthew Agigaaq, Nancy Atpanik, David Toolooktook et Barnabus Arnasunngaq.

 

 

 

Sanavik Co-operative :

http://inuit.pail.ca/sanavik-co-op.htm

 

 

Références :

Nasby, Judith. (2002). Irene Avaalaaqiaq. Myth and Reality. Montréal: McGill-University Press.

Hessel, Ingo. (1998). Inuit Art : an Introduction. Vancouver: Douglas & McIntyre.

 

 

 

A Friend Visits
Annie Pootoogook

Certificat-cadeau

Mère et Enfant
Johnny Inukpuk